lundi 28 avril 2014

DES JOURNEES ENTIERES DANS LES ARBRES





Le bonheur tient à peu de choses finalement… A peu de choses.

Enfant, je passais mes journées dans les arbres. 
Non pas à "dénicher des nids d’oiseau", mais à rêver.
Je prenais de la hauteur.
Se détacher.
C’était si simple alors…
Mon corps d’enfant, souple et léger, s’accrochait, se lovait.
Et l’arbre m’accueillait.
J’y passais des heures.
Attachée à ses branchages.
Noyée dans son feuillage.
Oubliée des gens.
Douces heures…
Douceur.

En bas ma mère devant le petit écran…
Mes frères et sœurs me cherchant pour jouer…
Une échappée.
Mon esprit s’envolait tel un oiseau farouche. 

Qu’étais-je dans ces moments-là ?

Juste une petite fille suspendue dans les arbres.
Une vie en harmonie avec  la Vie tout autours.
Mais aussi une plénitude.
L’arbre m’invitait. Loin de la terre.
Je m’allongeais, peau contre écorce. Dans sa chaleur. Parce qu’un arbre, c’est chaud.
Longtemps je le contemplais. Détail après détail. Son tronc, ses branches, ses feuilles... Les petites bêtes qu’il nourrissait…
Ma respiration se faisait plus calme. Plus profonde. En moi entrait un parfum de terre. De mousse. De sève. Des arômes verts et sucrés.
Ses feuilles sur mon visage. Son écorce sous ma langue. Mon corps se détendait.
Jusqu’à vibrer avec lui.
La brise chaude d’été faisait bruisser ses feuilles et je bruissais avec lui.
Le vent léger secouait ses branches et j’oscillais avec lui.

Où étais-je dans ces moments là ? 

Je ne me souviens plus…
Mais quand je finissais par redescendre, que je revenais à la maison, je me découvrais couverte d’écorchures, le sourire aux lèvres et plus forte que jamais.

Parfois, quand je médite, il m’arrive de ressentir des signes, prémices de cette plénitude passée. Je me sens partir…
Comme autrefois, je ne résiste pas.

Lors de mes accouchements, au plus fort de la douleur, chaque fois, je m’accrochais à un arbre.
C’est une image forte pour moi.
Un de mes meilleurs points d’ancrage heureux.

La vie, dans ce qu’elle a de difficile, de contraignant, de douloureux aussi, nous éloigne parfois de cet aspect de nous-même.
Voyez ce que nous sommes maintenant!
Tous si différents, si éloignés de ces enfantillages...
Et pourtant, nous avons tous été des enfants.
Restons simple. Vrai.
Car tout est là.

Illustration: Claude Monnet "Le saule pleureur 4" 1918-1919. Si vous cherchez la plénitude, allez simplement vous asseoir sur un banc et plongez dans les oeuvres de Claude Monet au musée Marmottan à Paris...

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