samedi 6 septembre 2014

LA VIE , QUE BIEN ?





Le dessert préféré de mes enfants, ce sont les fraises à la chantilly.

Pas les fraises toutes seules, non… Trop acide, piquant.

Pas la chantilly toute seule non plus ! Trop sucré, écœurant.

Ce qu’ils aiment, c’est le tout : le doux marié au piquant.

Un vrai bonheur sous leur petite langue.

Dès la première bouchée, ils sentent la fraise exploser en bouche tandis que la crème, légère et onctueuse, fond en même temps.

Un délice.



Alors, quand ma fille aînée, un jour m’a demandée de but en blanc :

« Pourquoi ce n’est pas que bien la vie, maman ? »



J’ai pensé à une belle coupe de fraises à la chantilly.



N’est ce pas un peu ça, la vie ?

Des fraises à la chantilly ?

Ce mélange détonnant de sucré et d’acidulé ?



Certains ont tendance à rechercher le bonheur dans la douceur de la chantilly.

Est-ce englober tous les aspects de la vie ?



Le plaisir et uniquement le plaisir, finit par lasser, amollir aussi, il me semble. Comme un trop plein de chantilly. A force, nous gonflons et nous ne faisons plus rien…



Le déplaisir, à petite dose, pique, titille mais, à grosse dose, il finit par devenir souffrance. Une souffrance qui nous fragilise, qui nous paralyse. Et nous ne pensons plus qu’à élaborer des stratégies pour l’éviter : Faire comme si la douleur n’existait pas ; La cacher au fond de nous, et tenter de l’étouffer ; Chercher à s’en débarrasser en la rejetant sur les autres.



Le « bien » dans la vie, c’est un peu comme la chantilly. C’est vrai, c’est bon. Mais c’est aussi addictif, et peu nutritif…

Le « pas bien » dans la vie, c’est un peu comme la fraise. C’est vrai, la fraise pique, on n’a pas envie de trop en manger… Mais elle stimule aussi et enrichit notre organisme.



Le fruit ne sert pas à rehausser la chantilly.

Car ce n’est pas la chantilly qui compte.

Ce qui compte

C’est le mélange des deux.

Ce lien entre des sensations différentes qui crée une saveur inouïe.



Le bonheur est une question d’équilibre entre fraises et chantilly

D’harmonisation entre les deux.

C’est sûr, c’est plus subtil, plus délicat.

Ça demande plus de travail.

Mais ça en vaut la peine.



Tout ce que nous arriverons à gagner d’équilibre dans notre vie, sera autant d’acquis pour nos enfants.

Car une belle coupe de fraises à la chantilly, 
ne peut être plus savoureuse, 
que lorsque nous la partageons.

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