lundi 15 septembre 2014

HABITER SES PAROLES




Je ne sais pas très bien comment j'en suis venue à renoncer à vous parler d'Albert Einstein...
Peut-être, un jour, j'y reviendrai...
Il me semble que l'idée principale de mon billet était de travailler sur la notion d'habiter ses paroles. Einstein était pour moi le contre-exemple.

Habiter ses paroles.
Voilà mon cheminement intérieur de ces derniers temps...

Et puis, ce week-end, merveilleux.
Ces journées qui n'en finissent pas de resplendir.
Ces doux moments de partage, d'amour, de joie.

Et en fil rouge, ma crève.
Malade, fiévreuse, la gorge à vif, la voix qui s'essouffle.
Dans ces cas là, mon mari sort l'artillerie lourde: doliprane, cortisone, antibio, ...
Pas question que je m'affaiblisse de trop!
Et mes enfants me font sentir d'autant plus, à quel point ils ont besoin de moi.

Nuit blanche.
Frissons, suées.
Mon fils qui pleure et me réclame car il souffre de ses dents.
Je me lève, une fois, deux fois, cinq fois...
Il s'énerve, car il n'arrive pas à s'endormir.
Je m'énerve, car j'aimerai beaucoup m'endormir.

Finalement, il réussit à s'endormir et je demeure seule , moi et ma colère, que j'ai bridée, ( je n'allais pas lui crier dessus quand-même!)
Bon, j'ai mal partout, je respire difficilement, je me sens en colère, frustrée et épuisée.
Mauvais cocktail...

Habiter ses paroles.
Faire ce que l'on dit.
Agir en accord avec ses convictions.
Et ma conviction actuelle:
Pour corriger quoique ce soit dans le monde, il faut avant tout se corriger soi. Chercher en soi notre haine et l'extirper.

Je suis seule dans la nuit, et je souffre.
Mon corps est malade et je sens bien que je le lui reproche.
Alors, je m’assois et je me concentre sur ce que je ressens.
Je scanne mentalement chaque partie de mon corps, une par une.
Je m'attarde sur les régions douloureuses et je laisse de côté la représentation que je me fais de ma souffrance, pour n'être plus que ressenti. Sans à priori.. Je m'ouvre à la douleur.
J'ai l'impression qu'il faut que je réunisse chaque partie douloureuse de mon corps, que je les réintègre au tout.
A un moment, je sens bien mon corps se détendre, une espèce de bienveillance me submerge.
Je suis malade, c'est vrai,
Je suis fatiguée, c'est vrai.
Je m'émerveille de cette nuit, de ce silence, de la respiration de ceux que j'aime.
Je suis heureuse, c'est vrai.
Et la vie peut donner une place à tout ça.
Je m'apaise. Mon corps est bien. Je suis bien.
Et je m'endors.
Le lendemain, j'ai continué à avoir mal, et à aller bien.

C'est ça la vie.
Voilà ce que je voulais dire aujourd'hui.


Illustration: Fresque de J-M Folon, Vivre les mains ouvertes, est une position vulnérable... Mais si la paix recherchée passe par la souffrance des autres...Puisqu'ils ont mal... Ouvrez-leur votre espace...


8 commentaires:

Bonjour Ameline

Ta façon d'écrire est vraiment apaisante.... j'aime beaucoup te lire...

Ton billet est un bel exemple de self control également...


A bientot

Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
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Coucou , j'espère sur tu vas mieux ...
Ah les nuits avec les tous petits , une deuxième vie en fait . Dis il se lève Mr Ameline aussi un peu quand même ??
Bon mon challenge actuel , 4 jours sans monsieur qui est en voyage pour un congrès ( à Rome ce zigoto ... ) . Mais c'est différent d'être seule avec les petites .et . 4 jours c'est pas trop long et puis entre tel et Skype ca aide . Mais la faudrait pas que j'ai la crève .

Très joli ton billet en tout cas :-)

Merci Cédric.
ça me touche beaucoup ce que tu écris là. Parce que parfois, je ne sais plus très bien... Tu me redonnes de l'énergie:)
Et bravo pour ton billet sur le pardon. Les gestes d'amour, les gestes du coeur, ne sont jamais des erreurs.
A bientôt

Ah... Einstein... Ou l'immensité de ma déception en découvrant sa biographie et le gouffre qui sépare ses propos de ses actes...
J'imagine qu'il a fait de son mieux...

Merci :)))))
Tu vois, je n'ai pas eu le réflexe de le photographier... J'étais trop sous le coup de la surprise. Et de l'admiration.
Ton billet sur le rire est vraiment magnifique. J'ai ressenti une énorme émotion en le lisant. Et je n'ai pas été la seule. Tu as de l'or dans les mains, feu follet.

Ça va mieux. Je parle du nez, mais au moins je parle! :) mon mari, quand il dort... Même un tremblement de terre ne le réveillerait pas! Je l'ai quand même réveillé une fois, qu'il prenne le relai. Mais il s'est tout de suite rendormi, lui. Les autres fois, j'ai pas eu le cœur à le réveiller... À quoi bon être deux à avoir la tête dans le choux le lendemain? Bon courage pour tes quatre jours alone avec tes filles! Rome, sympas comme destination de travail! Mon mari c'était Amsterdam la dernière fois.. Là ce sera Besançon. Moins tripant ;) enfin, quelque soit le lieux, ça lui fait du bien. Ça le sort de ses patients, du coup je suis contente pour lui. Même si la logistique à la maison est plus difficile...
Merci pour ton compliment en tout cas. Ça me fait très plaisir.
À bientôt.
Bises.

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