lundi 17 novembre 2014

LA FABRIQUE DU MONDE







Je suis dans une grande librairie, et comme à mon habitude, je laisse courir mes doigts sur les étagères. 
Je caresse au passage quelques titres, je m'arrête parfois, contemple la couverture, séduite par un titre. Un titre, c'est une promesse.

Parfois, cette promesse est tenue. Parfois, pas...
Ce titre là, me plaît. "La fabrique du monde" 
J'ouvre le livre.
Voici ses premiers mots 
" Sortir, en une propulsion due au seul souffle de la liberté. Puis courir, la vie en dépend, toute et à jamais. Droit devant, vers la nature, l'inconnu, à toute force."

La fabrique du monde. 
La première fabrique au monde. La Chine. Ses usines. Ses ouvriers. Femmes, hommes, enfants. Déshumanisation de masse. La révolte du sujet. C'est le livre.

La fabrique du monde. 
C'est aussi pour moi, la femme. 
Nous qui enfantons le monde, gouttes d'eau dans l'océan de la vie. 
Que serait la vie humaine sans la femme? 
Pourtant, être une femme dans notre monde...
Finalement l'idée de "mère porteuse", n'est ce pas un peu cette idée de "femme-usine"?
Déshumanisation et utilisation du corps de la femme comme machine à produire...

La fabrique du monde enfin. 
Quoi d'autre que notre esprit? 
Notre esprit qui se fabrique un monde. Envers et contre tout. Nos rêves. Leur douce ivresse. 
Nos pensées, parfois si loin de la réalité... Émotionnellement colorées.
Parfois, je me demande si tout ce qui entraîne une certaine forme d'addiction ( drogues, médocs, fringues, aliments,TV,  jeux vidéos, internet,... ) ne sont pas des formes de déshumanisation, et d'utilisation de notre esprit comme machine à consommer ?...

La fabrique du monde...
Combien de monde existe-t'il finalement? 
Autant que d'esprits pour le bâtir, j'imagine...

Je marche dans la rue, et je les vois, ces passants. Ombre et chair.
Regarde-les. 
Vraiment.
Mouvement. 
Tellement de mondes individuels dans ce paysage urbain...

Ombre et chair, vraiment?
Il me semble percevoir de la lumière.
Ils pensent, ils rêvent.
Ils fabriquent leur monde.

Ils vivent leur histoire.
Haute en couleur.

Et je ne fais que passer...
Un coeur qui bat.
Respiration profonde.
Vibration de tout un être
Vibration qui se répète
Se répète à l'infini.

C'est la musique du peut être.
C'est une toute petite musique.

Mais eux aussi... Comme moi.
Eux aussi vibrent.

Je dois y penser!


Illustration: Edward Hopper, "Soir bleu" 1914. "Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,..."Arthur Rimbaud

4 commentaires:

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Qu'est ce que c'est les Tara? Tu m'intrigues, je vais aller voir sur ton blog.

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