vendredi 2 janvier 2015

CHUTE BRUTALE


Mais que se passe t'il? Que se passe t'il...
Quel est ce vent qui souffle sur mon histoire et me ramène à cette page?

Je sais que j'ai une leçon à en tirer.

Cet après-midi, j'étais au Monoprix avec mes enfants. Rien de très "fun"... Mais avant la rentrée, je préférais renouveler le matériel perdu, abîmé, cassé de la trousse de mon aînée.
Nous étions donc au premier étage du magasin,  en train de regarder les feutres,quand nous avons été tous saisis par des hurlements et des cris d'effroi. A tel point, que je me suis arrêtée net, pétrifiée. Aux cris qui ont suivi et aux appels à l'aide, j'ai compris qu'il venait de se produire un accident grave et que cela concernait un enfant.
Instinctivement, j'ai rassemblé mes enfants autours de moi.
"Restez près de moi, j'ai peur."
Et c'est vrai, j'avais des sueurs froides.

En fait, tout en moi, me poussait à y aller, mais je n'étais pas seule et je ne savais pas ce qui se passait exactement, alors on imagine le pire, bien évidemment... J'ai voulu détourner l'attention de mes enfants en allant avec eux au rayon "jouet", mais je croisais des gens blêmes, et mes enfants se posaient des questions, ils n'étaient pas rassurés, ne comprenaient pas...
J'ai hésité, encore quelques minutes, mais en apercevant un enfant de dix ans pleurer dans les bras de son grand-père, je me suis décidée et je me suis approchée de l'attroupement en haut des escaliers.

Un enfant de six, sept ans, venait de tomber, en chute libre, du balcon du premier étage et était étendu par terre au pied des escaliers... Sa mère à coté, criait, gémissait. Des gens entouraient l'enfant et des attroupements s'étaient formés en haut et à dix mètres, en bas de l'accident. Tous avaient la mine défaite, bien évidemment...
Pas de sang, pas de membres tordus, mais un enfant immobile, "sonné" et une mère hystérique.
Et une voix en moi me disait d'y aller, d'aider avec mes moyens. Alors, j'ai regardé mes filles qui étaient très calmes, impressionnées, et je leur ai ordonné de rester ici, de ne pas bouger du haut des escaliers, que j'allais descendre aider. J'ai pris mon fils dans les bras et je suis descendue parler à la mère, l'apaiser. J'ai fait mon boulot de psy, sans plus me poser de question, et mon fils n'a pas bronché, ni mes filles qui ne me quittaient pas des yeux. Je suis restée jusqu'à l'arrivée des pompier et en constatant que la mère se reprenait, je suis remontée récupérer mes filles et nous avons poursuivi nos courses.
Nous avons parlé ensemble de l'accident et en sortant nous sommes allés voir le camion des pompiers, la voiture de police, et nous avons attendu l'ambulance. Tout cela les a rassuré.
Il est toujours préférable de se confronter à la réalité que de la fuir, car c'est en la fuyant qu'on imagine les pires choses. Je le sais. Mais comme nous tous, j'ai encore un premier réflexe d'évitement.

Cet événement ne remet pas en cause ma décision de me réorienter, mais je sais maintenant que je suis et resterai une psy.
La page ne se tournera jamais complètement...
Mon métier est une vocation, une façon d'être, un regard sur le monde.
Je ne l'abandonnerai pas. Je le nourrirai. Différemment.
Et mon blog m'y aidera.
Vous m'y aiderez.

Maintenant, vent, s'il te plait, laisse-moi un peu en paix...
Et ce soir, mes pensées vont tout spécialement à cet enfant et à sa maman... 

Illustration: Le Bain,  détail,  Alfred Stevens, 1874, Paris, Musée d'Orsay



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