vendredi 23 janvier 2015

COMMENT ON PEUT AUSSI GERER UNE CRISE ...



Hier soir, grosse fatigue générale.
C'est souvent dans ces moments que les émotions dîtes "négatives" explosent...
Et ça n'a pas loupé...

Je venais de terminer une activité de collage avec mon aînée de 5 ans et je voulais consacrer un peu de temps à ma cadette de 4 ans. Lui faire écrire quelques lignes avec son nouvel adaptateur de crayon pour l'aider à corriger sa prise de crayon maladroite.
Bien-sûr, j'étais fatiguée et stressée.
Je voyais l'heure tourner et devant l'état de fatigue manifeste de mes enfants, je comprenais que la priorité ce soir serait de les coucher tôt.
Mon fils de 23 mois se sentant délaissé, a commencé à embêter mon aînée qui a réagi violemment.
Et tout à coup, tout a basculé
Mon fils a commencé à crier.
Ma fille aînée s'est mise à hurler et pleurer
Ma fille cadette agacée et perturbée par ses frères et soeurs a renchéri dans les cris.

En une fraction de seconde, j'ai été noyée dans les hurlements de mes trois enfants en même temps...
Au secours! C'est trop!!
J'ai senti la colère monter en moi...
Respire Ameline! Respire...
J'ai senti les muscles de mon dos se contracter, comme si leurs cris m'agressaient physiquement...
J'ai pensé " Non! Ils ne peuvent pas me faire ça!"
Ma colère s'est amplifiée.
Mais au lieu d'y céder, j'ai pris le temps de la ressentir en moi." Tu es en colère."
Et je suis revenue à ma respiration. " calme..."  J'ai senti que je me décrispais sensiblement
Puis j'ai posé mon attention sur la scène face à moi.
" Ils hurlent. Ils ont besoin de toi pour reprendre la situation en main"
Ma colère n'était plus toute seule en moi. J'ai senti aussi ma compassion s'éveiller pour ce qu'ils exprimaient.
Alors je me suis servie de ce sentiment positif pour m'adresser calmement à mon aînée et lui demander de monter se calmer et se reposer dans sa chambre, parce que c'était trop de hurlements pour moi. Qu'elle était fatiguée et en colère, je le comprenais mais que je la savais capable de se lâcher et s'apaiser seule. Elle est montée en hurlant plus fort.
Puis, j'ai pris mon fils dans mes bras pour le câliner. Il a posé sa tête sur mon épaule et s'est calmé.
Je me suis penchée vers ma cadette pour l'inviter à poursuivre et elle a cessé de rouspéter pour reprendre son activité, contente que je m'occupe d'elle.
J'étais bien. Ma colère restait présente, mais moindre, et avec elle, je sentais aussi un sentiment de paix grandir.
Ensuite, nous sommes montés pour les bains et j'ai retrouvée mon aînée, calmée dans sa chambre. J'ai annoncé qu'il était l'heure de prendre le bain et là, elle s'est remise à pleurer, prétextant vouloir faire un dessin. Je lui ai rappelé que le temps des coloriages et dessins  était passé et que maintenant c'était le temps de se doucher. Mais j'ai compris qu'elle demandait sa part d'attention, de privilège que j'avais différé pour ses frères et soeurs. Alors je l'ai prise dans mes bras, et je lui ai proposé de la doucher en première rapidement, ainsi, pendant que je m'occuperais de ses frères et soeurs, elle pourrait descendre faire son dessin tranquillement. Elle a souri et s'est détendue.
Le reste de la soirée s'est déroulé dans le calme et la sérénité. Plus de heurt, ni de pleur, j'ai mis de la musique ( Rémi Guichard), nous avons chanté et dansé en mettant la table :))

Je vous raconte cette séquence de vie de mon ordinaire pour vous illustrer mon post d'hier.
La tolérance en soi, nécessite de différer son action pour se centrer sur son vécu intérieur. En prendre conscience et l'accueillir à l'instant présent. Et décoller de sa tension interne pour donner une place à des émotions positives qui vous aideront à pacifier vos réactions.
Consécutivement, vos enfants trouvent dans votre réponse ferme et bienveillante à leurs débordements, l'énergie positive pour se calmer et ainsi, vous sentez en vous le calme revenir totalement. Votre estime pour vous s'en trouve nourri et vous vous sentez satisfaite d'avoir réussi à gérer la situation sans répondre à la violence par la violence.

Ce n'est pas toujours aussi facilement géré à la maison, mais je prends conscience que tout le travail que j'effectue en moi, en pratiquant la méditation de Pleine Conscience, en travaillant à accueillir mes émotions, en me documentant sur la parentalité positive et l'éducation bienveillante commence à produire ses fruits.
Ce n'est pas magique. A force de travail, à force de motivation et de volonté, gérer les crises de mes enfants dans la bienveillance devient possible.
Mon cheminement intérieur, nourri de mes lectures et de belles rencontres, s'ouvre en ce moment sur une paix intérieure très forte, qui me fait vous dire: Courage! Ne baissez pas les bras! Parce que oui, c'est possible et atteignable.
C'est à recommencer à chaque nouvelle situation difficile, c'est vrai...
Mais plus on pratique cette méthode, plus on l’intègre à son mode de fonctionnement, plus elle devient un véritable art de vivre et une façon d'être au monde gratifiante et source de bonheur.

Illustration: "Arbre de Vie"Gustave Klimt

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