mardi 3 février 2015

EN CHEMIN...




Et si l'important, ce n'était pas la destination, mais le chemin lui-même?

Quand je regarde mon fils flâner dans le parc, je ne cesse de me questionner...
Comment en suis-je venue à ne voir que mon objectif, à savoir l'école de mes filles et à ne plus songer au chemin parcouru, à ces allées splendides du parc?
Je me rends compte que je marche pour aller vers.
Mon fils marche pour se mouvoir .
Il s'exerce, il monte, descend, s'assoit, se relève, glisse, court, s'arrête, ralentit, passe par un détour, s'accroupit, ramasse, lance, sautille.
Son expression s'ouvre telle une fenêtre émotionnelle en lien avec ce qu'il ressent.
Ses pensées ne sont ni dans l'avant, ni dans l'après. Elles sont dans l'instant présent. Elles se nourrissent de ce qu'il vit là . Ici et maintenant.
Il est entièrement concentré sur ce qu'il ressent dans son corps, sur ce que son corps lui apprend de lui.
Il est aussi absorbé par la découverte du monde, et par conséquent, son rythme dépend des petits riens qu'il rencontre sur son chemin: un caillou, une fleur, une pomme de pin, une marche, une flaque d'eau, le vol d'un oiseau...

Au début, je le pressais. "Dépêche-toi, nous allons être en retard!"
Mais maintenant, je pars plus tôt. Et je le laisse à son exploration. J'échange avec lui sur ce qu'il me ramène, j'attire son regard sur des détails, je lui fait toucher l'écorce de l'arbre, respirer la terre et caresser la pierre.
J'ai renoncé à mon propre rythme pour lui permettre de s'épanouir dans la marche.
Et il aime marcher.
Et j'aime ce temps que nous partageons ensemble, un peu en décallage du rythme urbain.
Qui nous connecte au merveilleux de l'ordinaire.
Un rythme lent qui transforme ce même chemin en un cheminement unique et extraordinaire.

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