lundi 8 juin 2015

BAISER SUSPENDU



Ce matin je suis partie, pressée, et je ne t'ai pas embrassé...
Tout de suite, je m'en suis rendue compte. Je me suis arrêtée net et me suis retournée sur ce parking. 
Tu étais toujours près de notre voiture avec nos filles. Une fraction de seconde. C'est le temps que j'ai mis à hésiter. Revenir près de toi et chercher tes lèvres? Non. Pas le temps ce matin. Je suis partie en courant. 
Huit ans de mariage et je ne cours plus après nos  baisers... Ces baisers qui m'écorchaient les lèvres...

La journée est passée à une vitesse folle et ce soir, je repense à ce choix que j'ai fait. 
Pas de culpabilité. Je sais que tu ne m'en veux pas... 
T'en es tu rendu compte comme moi, dans la précipitation de ce lundi matin?
Le ton joyeux de ta voix au téléphone ce midi m'a suffit. J'ai cru.
Mais ce soir. Dans la lumière dorée de ce soir d'été, oui, cette pensée me traverse et me saisit: j'ai choisi de courir loin de toi, plutôt que de revenir sur mes pas...
Tes lèvres me manquent soudain. Terriblement. 
Je prends conscience à quel point ces petits gestes quotidiens, ces attentions que l'on se donne, sans toujours y penser, sont essentiels, vitaux.  
Tout comme j'aime sentir tes doigts chercher à entrelacer les miens dans la rue, j'aime sentir ton souffle caresser mes lèvres... 

Ne plus se quitter comme si nous avions le temps de nous aimer après... 
C'est maintenant. 
Ici et maintenant que nous nous aimons. 
Que nous le pouvons. 
Je laisse le manque s'infiltrer et me rappeler à quel point tu es précieux pour moi. 
À quel point je t'aime. 
Ce soir, mes lèvres t'attendent...

Illustration: Gustave Klimt "L'amour" , 1895, Vienne.

2 commentaires:

Salut Ameline... belle déclaration d'amour... 11 ans que je suis avec ma femme et 11 ans que je l'aime d'un amour qui ne cesse de croître... moi qui pensais que l'amour s'estompait tout doucement... j'aime avoir tort...

Coucou Cédric,
C'est un plaisir de te lire.
Oui, parfois, on est heureux de se rendre compte que ce qui est généralement véhiculé d'idée reçue, peut s'avérer bien plus complexe et passionnant ! J'avoue que pour ma part, je me retrouve souvent à m'étonner sur la force du sentiment d'amour. Un peu comme un miracle sans cesse renouvelé... C'est assez incroyable en fait. De se découvrir capable d'aimer autant. Et de constater aussi à quel point le sentiment d'amour est à la fois d'une force phénoménale et d'une absolue fragilité... Bon, je m'arrête là. Merci en tout cas pour tes mots et ta présence bienveillante. À bientôt.

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