samedi 16 avril 2016

SOURIRE AU PRINTEMPS


Je me lève en douceur.
Tout doucement, pour ne pas les réveiller.
Dans la pénombre de la maison, je fais craquer une allumette.
Légère lueur.
Une bougie s'anime et.
Je laisse la gratitude m'envelopper.
J'ouvre une fenêtre.
Je m'agenouille doucement. 
Mon front rencontre le sol.
Je ferme les yeux.

Je les entends qui chantent. Leurs mélodies ne s'entrechoquent pas, elles se répondent.
J'hume dans l'air du matin ces parfums enivrants, ceux des fleurs à peine écloses.
La lumière est étrange, pâle et délicate, perçant les dernières ombres des brumes moroses.

On résume tout ce qui se passe autour de nous à ce simple mot: le printemps.
Le renouveau s'installe. Pas à pas.
Et chaque fois, mes sens s'éveillent.
Mon coeur se gonfle de reconnaissance, pour ces arbres qui se réveillent, ces êtres vivants qui vont bientôt naître.
Cette vie à foison.
A foison.
Qui nourrit
Soigne
Nous donne tant...

Tout à l'heure, mes enfants et mon mari se réveilleront.
Tout à l'heure, je reprendrai mon rôle de mère, d'épouse, de femme.

Cet instant est tout ce que j'ai.
Pour remercier.
Agenouillée et solitaire.
Je respire. je souris. Je pleure aussi.

Je souris à cette vie qu'il m'est donné de découvrir, d'accueillir dans mon âme et qui me change inexorablement.

Je souris à ces êtres humains inestimables qu'il m'est donné d'aimer, ceux qui illuminent mon quotidien et ceux plus lointains qui nourrissent mon coeur.

Je souris à ces hasards heureux, ces rencontres fraternelles qui comblent mon besoin de lien, et m'aident à suivre mon chemin.

Je souris à cette douceur dans l'amour, qui apaise les tempêtes et surmonte les difficultés.

Mes larmes sont plus amères.
Elles naissent de toutes ces laideurs humaines que nous portons et qui nous empêchent de nous rendre la vie mutuellement chaleureuse et belle...

Peut être qu'à ce même instant, d'autres âmes prient et remercient.
Peut être que certaines crient.
Cris de douleur. De haine. De désespoir.

C'est dur, d'y penser.

Je veux croire, qu'un jour, l'apprentissage de la bienveillance sera au coeur de notre raison de vivre.
Que nos petites victoires sur la violence, aideront les parents à venir. Que ce soit plus facile pour eux, d'accompagner leurs enfants avec tolérance et patience.
Que ce ne soit plus un chemin qui fasse peur, qui semble dangereux, mais une simple évidence pleine de bon sens.
Je veux croire que nous ne dépenserons plus tant d'énergies à ne pas faire du mal, mais plutôt à nous améliorer dans le bien.
Exprimer toute notre créativité humaine à mieux aimer nos frères, notre Terre.

Parfois, cette vision d'un monde meilleur, bienveillant, responsable, sans violence, gagne mon coeur.
J'y puise la force de continuer.
De persévérer, malgré mes loupés.
Agir. Au mieux.
Me remettre en question.
Chercher à en faire des habitudes de vie.
Et peu à peu, modifier mon mode de communication, de relation...

Au fond,
C'est un printemps à préparer
Aimer. Construire. Embellir.

Dans cette lumière pâle et délicate,
Je respire profondément.
Je relève la tête, j'essuie mes larmes
Et je souris au printemps.

Il me montre l'exemple.
Peut être n'en verrais-je pas les fruits?
Mais je continuerais de semer.

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