lundi 21 avril 2014

LE MYTHE DE LA VIRGINITE






Et bien oui. 
Vous avez bien lu le titre de mon billet.

Désolée…Nous n’allons plus être dans un discours « propret » aujourd’hui.
Il s’agit pour moi de dépoussiérer quelques idées reçues.

Et j’ai envie de commencer par notre hymen.
A nous les femmes.
Je m’explique.
Vous souvenez-vous de mon billet du 8 Mars 2014 « La journée de la femme »? Je vous racontais comment j’en étais venue à me spécialiser en victimologie...

Du coup, l’année suivante j’orientais mon stage de master de psychologie dans un domaine pointu, l’Unité Médico-Judiciaire pédiatrique de Paris.
Là-bas, je rencontrais une femme hors du commun,  pédiatre médecin légiste, le Docteur R., qui à ses heures « perdues » suivait des cours de philosophie à la fac. 

Elle me fit découvrir Emmanuel Lévinas, (un grand philosophe qui a beaucoup travaillé les questions d'altérité, de responsabilité et d'éthique)
et aussi quelques petites choses, comme cette histoire d’hymen.

Quand elle examinait les jeunes filles ayant déposé plainte pour viol, elle leur disait toujours, « Et  n’oubliez pas, ce n’est pas parce que l’on ne voit rien physiquement, qu’il ne s’est rien passé »
Je ne comprenais pas.
Pour moi, une jeune fille vierge possédait un hymen «  intact », qu’un viol déchirait forcément…
Grosse erreur ! 

Qui nous parle de notre hymen ?

 Personne. 
Nous glanons des informations à droite à gauche, sans vraiment aborder clairement le sujet. Nous nous laissons convaincre par de fausses idées reçues.

Un homme qui pénètre pour la première fois une femme vierge, la déflore forcément? 
Non ?
Et bien non !

Qu’est ce que l’hymen ?

L’hymen  est une membrane qui, chez la femme, ferme partiellement l'ouverture du vagin et sépare sa cavité de la vulve.
Avec l’adolescence et les hormones, cette membrane s’assouplit. 
Sa forme varie d’une femme à l’autre. Il existe des hymens annulaires (forme la plus courante, avec ouverture centrale), des hymens semi-lunaires (ouverture contre la paroi vaginale), des hymens labiés  (mince fente horizontale ou verticale), des hymens bridés (traversé d'une bande de peau plus résistante), des hymens criblés (percé de plusieurs petites ouvertures), des hymens en carène, …
Certaines femmes naissent avec un hymen clos qui ferme complètement le vagin, ce qui exige, avant la puberté, une intervention médicale pour laisser s'écouler les règles. D'autres femmes ont un hymen si épais et résistant (scléreux) qu'il faut également le faire ouvrir par un médecin pour éviter une douleur trop importante à la femme pendant l'acte sexuel.
Et certaines femmes naissent même sans hymen.

75% des jeunes femmes posséderaient un hymen dit complaisant.
C’est-à-dire, qui ne se déchire pas, mais se détend lors de la pénétration.
Avec la puberté, notre corps se prépare à procréer. L’hymen change.
Voilà pourquoi :
-         - Une femme peut être vierge sans avoir d’hymen
       - Une femme peut avoir une activité sexuelle et conserver un hymen « intact »

Pour toutes ces raisons, l'hymen ne peut pas être considéré comme le garant de la virginité d'une femme. 
On estime que presque la moitié des femmes ne présentent pas de saignements lors de leur premier rapport sexuel. 
La présence ou non de saignements lors de cet événement n'est donc en aucun cas une preuve de virginité. 
Par contre, une chose est certaine, toutes ces différences n’existent plus après un premier accouchement. En accouchant, nous perdons définitivement notre hymen, et donc notre virginité.

Qu’en conclure ?

-         - Les femmes devraient être mieux informées. 
  La première relation sexuelle est souvent stressante et une partie de ce stress vient de leur méconnaissance. 
    Elles devraient savoir qu’il vaut mieux attendre la fin de leur puberté, qu’avec des préliminaires, de la douceur, et de la patience, elles ont peu de chance de saigner. 
    Leur hymen peut tout à fait  se détendre et accueillir. 
    Sans déchirement.

-         -  Les hommes n’ont pas ce pouvoir de savoir si une femme est ou non vierge. 
    C’est un mythe. 

-     - Enfin, ce qui change de manière définitive le corps d’une femme, 
    Ce n’est pas l’homme. 
    Ce n'est pas la relation sexuelle. 
    C’est bien de mettre au monde son bébé.

 Pour aller plus loin, suivez ce lien: "anatomie de la région vulvaire de la femme"

       Illustration: Jean-Baptiste GREUZE L'enfant à la colombe

1 commentaires:

Diriez-vous mettre au monde (qui sous tend accoucher par voie basse) ou porter un enfant, ressentir l'émergence d'une vie dans ses entrailles?

...mais alors qu'en est il des naissances par césarienne? Je me souviens d'un obstétricien qui avait choqué une jeune femme (sage femme) en lui reprochant de n'être pas femme puisqu'à trois reprises elle avait du être césarisée.

Secundo, je trouve votre article bien intéressant...J'ai toujours été révoltée que l'on exige la preuve d'une effraction dans cette zone intime... comme gage de pureté et de chasteté. Y compris en dehors d'agressions sexuelles, dans certaines cultures.
Certaines JF fortunées ayant recours à une chirurgie pour reconstituer un hymen et satisfaire ainsi aux traditions.

Imagine t'on que l'on exige pareille chose des hommes???

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